Confier la sécurité de vos locaux, d’un événement ou d’un site, c’est accorder beaucoup de confiance à un prestataire. Comment savoir, avant de signer, que vous avez affaire à une entreprise sérieuse et pas à un simple « gros bras » avec une carte de visite ? Bonne nouvelle : en Suisse romande, le cadre légal donne des repères très concrets à vérifier. Voici lesquels.

Cet article suppose que vous connaissez déjà les bases du métier. Si ce n'est pas le cas, commencez par : Agent de sécurité en Suisse : un vrai métier, une vraie formation.

L’autorisation d’exploiter : la première chose à vérifier

En Suisse romande, une entreprise de sécurité ne peut pas exercer sans une autorisation d’exploiter, délivrée par l’autorité du canton où elle a son siège. Cette autorisation n’est pas une formalité : pour l’obtenir, l’entreprise doit notamment ne pas être en faillite et offrir des garanties d’honorabilité.

Le point fort pour vous : cette information est publique. Chaque canton tient la liste officielle des entreprises autorisées à exercer sur son territoire. Avant de signer, vous pouvez donc vérifier noir sur blanc que votre prestataire y figure.

Si une entreprise ne figure sur aucune liste officielle et reste floue sur son autorisation, c’est un signal d’alarme.

Agents accrédités et carte de légitimation

L’autorisation de l’entreprise ne suffit pas : chaque agent doit lui aussi être accrédité par l’autorité cantonale, après vérification de son casier judiciaire et de son honorabilité.

Et il existe un moyen très simple de le vérifier sur le terrain : la carte de légitimation. Tout agent qui travaille hors des locaux de son entreprise doit porter cette carte, délivrée par la police cantonale, et la présenter sur simple demande, que ce soit à la police ou à toute personne avec qui il est en contact dans le cadre de sa mission.

Autrement dit : vous êtes en droit de demander à voir la carte de légitimation d’un agent. Un professionnel sérieux la présentera sans difficulté.

L’assurance responsabilité civile : le filet de sécurité

C’est un point que beaucoup de clients oublient, et pourtant il vous protège directement. Pour être autorisée, une entreprise de sécurité doit être couverte par une assurance responsabilité civile, avec une couverture d’au moins 5 millions de francs.

Concrètement : si un dommage survient pendant une intervention, cette assurance existe pour y répondre. Une entreprise qui ne peut pas présenter d’attestation RC n’a, tout simplement, pas les conditions pour être autorisée.

Un cadre valable dans toute la Suisse romande

Ces règles ne sont pas propres à un seul canton : elles découlent du Concordat sur les entreprises de sécurité, l’accord commun aux six cantons romands (Genève, Vaud, Valais, Fribourg, Neuchâtel et le Jura).

Ce concordat a un avantage pratique pour vous. Une entreprise autorisée dans son canton de siège peut, sous conditions, intervenir dans les autres cantons concordataires sans repartir de zéro. Si vous avez des sites à Genève et dans le canton de Vaud, un même prestataire autorisé peut couvrir les deux, dans un cadre légal reconnu de part et d’autre.

La checklist des questions à poser

Avant de signer, cinq questions suffisent à faire le tri. Un prestataire sérieux répond à toutes sans hésiter.

À demander avant de signer

  1. Êtes-vous autorisés à exercer dans mon canton, et figurez-vous sur la liste officielle ?
  2. Vos agents disposent-ils de leur carte de légitimation à jour ?
  3. Êtes-vous couverts par une assurance responsabilité civile ?
  4. Vos agents suivent-ils la formation concordataire (initiale et continue) ?
  5. Qui est le responsable autorisé, mon interlocuteur en cas de problème ?

Ces cinq réponses vous disent l’essentiel : autorisation, agents en règle, couverture, formation, responsabilité.

Uniforme, port d’armes, responsabilité : connaître les limites

Choisir un prestataire sérieux, c’est aussi savoir ce qu’un agent a le droit de faire, et ne pas faire.

  • L’uniforme. La tenue d’un agent privé est encadrée : elle ne doit jamais prêter à confusion avec celle de la police. Un prestataire qui joue sur cette ambiguïté n’est pas dans les règles.
  • Le port d’armes. Il n’a rien d’automatique. Un agent ne peut être armé qu’avec une autorisation individuelle, accordée de façon restrictive. Dans l’immense majorité des missions, les agents ne sont pas armés.
  • Les pouvoirs. Un agent de sécurité n’est pas un policier. Il prévient, dissuade, constate et alerte, mais il n’a pas les prérogatives de la force publique. Un bon prestataire connaît cette ligne et la respecte.

Ces limites ne sont pas des faiblesses : ce sont les garanties que le service reste professionnel et dans le cadre de la loi.

En résumé

Une entreprise de sécurité sérieuse, en Suisse romande, se reconnaît à des éléments vérifiables : une autorisation d’exploiter figurant sur la liste officielle du canton, des agents accrédités porteurs de leur carte de légitimation, une assurance responsabilité civile, et une formation conforme au concordat. Le reste, ce sont des promesses.

📎 Pour aller plus loin. Côté métier : les conditions et la formation pour devenir agent de sécurité.

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