Le métier d’agent de sécurité attire : horaires variés, contact humain, sentiment d’utilité, et un secteur qui recrute. Mais on ne s’y improvise pas. En Suisse romande, devenir agent suppose de remplir des conditions précises, d’être accrédité par le canton et de suivre une formation. Voici, étape par étape, ce qu’il faut pour se lancer, et jusqu’où on peut aller.
Cet article suppose que vous connaissez déjà les bases du métier. Si ce n'est pas le cas, commencez par : Agent de sécurité en Suisse : un vrai métier, une vraie formation.
Les conditions pour être accrédité
En Suisse romande, un agent ne peut pas travailler sur le terrain sans être accrédité par l’autorité cantonale. C’est l’entreprise qui dépose la demande, mais c’est vous, personnellement, qui devez remplir les conditions posées par le concordat :
- Nationalité ou titre de séjour. Être de nationalité suisse, ressortissant d’un État de l’UE ou de l’AELE, ou, pour les autres nationalités, titulaire d’un permis d’établissement ou d’un permis de séjour depuis au moins deux ans.
- Majorité et droits civils. Être majeur et avoir l’exercice de ses droits civils.
- Casier. Ne pas avoir été condamné, dans les dix ans précédant la demande, pour des faits incompatibles avec l’activité de sécurité.
- Honorabilité. Offrir, par ses antécédents et son comportement, les garanties de bonne réputation qu’exige le métier.
Ces conditions ne sont pas là pour compliquer la vie des candidats : elles garantissent que la personne à qui l’on confie une mission de sécurité est fiable. C’est aussi ce qui donne sa crédibilité à la profession.
La formation obligatoire
Une fois les conditions remplies, place à la formation. Le concordat impose deux temps, tous deux validés par un examen :
- La formation initiale, à suivre avant la première mission. Elle pose les fondamentaux : cadre légal, droits et limites de l’agent, gestion des conflits, comportement face à une situation à risque, rédaction de rapports.
- La formation continue, régulière ensuite, pour entretenir et actualiser ces compétences tout au long de la carrière.
Le détail des modules est fixé par une directive de la commission qui gère le concordat. L’objectif est clair : un agent doit savoir exactement ce qu’il a le droit de faire, et où s’arrête son rôle. C’est ce socle qui distingue un professionnel formé d’un simple agent de terrain improvisé.
Aller plus loin : le brevet fédéral
La formation concordataire permet d’exercer. Mais pour celles et ceux qui veulent faire carrière, il existe une qualification reconnue dans toute la Suisse : le brevet fédéral d’agent professionnel de sécurité et de surveillance.
C’est un examen professionnel fédéral, organisé par l’association faîtière de la branche, l’Association des entreprises suisses de services de sécurité (AESS / VSSU), sous l’égide de la Confédération. Pour s’y présenter, il faut déjà de l’expérience dans le domaine, une qualification de base, avoir 22 ans révolus et un casier judiciaire vierge.
Le brevet se décline en quatre spécialisations :
- Surveillance (rondes, gardiennage, sites)
- Protection de personnes (rapprochée)
- Manifestations (événementiel, grands rassemblements)
- Service de centrale (télésurveillance, coordination)
Certaines voies sont plus exigeantes : la protection de personnes, par exemple, requiert un permis de port d’armes et un volume d’heures de travail armé. Le brevet fédéral, c’est le passage du statut d’agent à celui de professionnel confirmé, avec les responsabilités et les perspectives qui vont avec.
Où peut-on être autorisé ?
L’accréditation est cantonale, mais elle repose sur un cadre commun aux six cantons romands (Genève, Vaud, Valais, Fribourg, Neuchâtel et le Jura) : le concordat. Une fois autorisé dans un canton concordataire, un agent peut, dans ce cadre reconnu, intervenir dans les autres.
À Genève et dans le canton de Vaud, les deux plus gros marchés romands, la demande d’agents formés est constante. C’est souvent par là que commencent les carrières. Le détail des exigences et des démarches figure sur les sites des autorités cantonales, par exemple pour Genève et pour le canton de Vaud. En Suisse alémanique, le système est différent (pas de concordat romand), ce qui vaut la peine de se renseigner canton par canton si l’on vise cette région.
Et le port d’armes ?
C’est une question fréquente chez les candidats. La réponse est nette : non, un agent n’est pas armé par défaut. Le port d’une arme suppose une autorisation individuelle, accordée de façon restrictive, et ne concerne qu’une minorité de missions très spécifiques. L’immense majorité des agents travaillent sans arme, et c’est le cas dans la plupart des métiers de la sécurité privée.
En résumé
Devenir agent de sécurité en Suisse romande, c’est un parcours balisé : remplir les conditions d’accréditation (titre de séjour, majorité, casier, honorabilité), suivre la formation concordataire, puis, si on le souhaite, viser le brevet fédéral et une spécialisation. Un métier accessible, mais encadré, où le sérieux se construit dès la première étape.
📎 Pour aller plus loin. Côté client cette fois : comment reconnaître une entreprise de sécurité sérieuse.
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