Il y a un moment idéal pour sécuriser un logement, et ce n’est pas celui qu’on croit. Ce n’est ni après un cambriolage, ni la veille des vacances : c’est la première semaine qui suit l’emménagement. Les meubles ne sont pas encore contre les murs, on visite chaque recoin en cherchant où poser les cartons, et personne n’a encore pris l’habitude de laisser la porte-fenêtre entrouverte. Une semaine plus tard, tout est rangé et plus rien ne bouge pendant des années.
Voici les sept choses à régler pendant cette fenêtre, dans l’ordre où elles comptent. Et pour cocher au fur et à mesure plutôt que de tout retenir, nous en avons fait une check-list d’une page à imprimer, à télécharger gratuitement.
1. Savoir combien de clés circulent, et faire changer le cylindre
C’est le point aveugle numéro un d’un emménagement. On vous remet un trousseau, on vous dit qu’il est complet, et personne ne peut vraiment vous garantir qu’aucune copie n’existe ailleurs. Ancien locataire, ancien colocataire, femme de ménage, ex-conjoint, artisan, voisin qui arrosait les plantes : sur dix ans d’occupation, un logement laisse des clés derrière lui.
Ce qu’il faut faire selon votre situation :
- Vous êtes propriétaire. Faites remplacer le cylindre de la porte d’entrée. L’opération est rapide et ne touche pas à la porte elle-même. Profitez-en pour choisir un cylindre avec carte de propriété, qui empêche la reproduction sauvage des clés.
- Vous êtes locataire. Demandez d’abord à la gérance combien de clés ont été remises et si le cylindre a été changé entre deux locataires : beaucoup de régies ne le font pas systématiquement. Si vous voulez le remplacer à vos frais, demandez l’accord écrit, conservez l’ancien cylindre et remettez-le en place à votre départ.
- Vous êtes en immeuble. Renseignez-vous sur le passe-partout du concierge et sur le code de la porte d’entrée. Un code d’immeuble inchangé depuis des années n’a plus grand-chose de confidentiel.
2. Faire le tour des accès avant que les meubles ne cachent tout
Prenez vingt minutes, de préférence à la tombée de la nuit, et faites le tour du logement comme si vous cherchiez à y entrer. C’est l’exercice le plus instructif de la semaine, et il ne coûte rien.
Regardez en particulier :
- La porte-fenêtre du salon ou du balcon, souvent le point d’entrée le plus faible d’un appartement en rez-de-chaussée ou au premier étage.
- Ce qui sert d’escalier depuis l’extérieur : conteneur à ordures, muret, cabanon, gouttière, échafaudage d’un chantier voisin, arbre proche d’une fenêtre.
- Les ouvertures oubliées : soupirail de cave, fenêtre de salle de bain, chatière, porte de garage, portillon de jardin.
- Les zones d’ombre autour de l’entrée, et l’endroit d’où l’on peut observer votre logement sans être vu.
Notez ce qui vous gêne. Certains points se règlent avec quelques francs, comme une poignée verrouillable ou un éclairage à détection de mouvement. D’autres relèvent de la gérance et méritent d’être signalés par écrit pendant que l’état des lieux d’entrée est encore ouvert.
3. Neutraliser ce que l’ancien occupant a laissé derrière lui
C’est le point que presque personne ne vérifie, et souvent le plus important. Un logement qui change de mains garde des accès actifs au nom de quelqu’un d’autre.
À passer en revue :
- La boîte à clés vissée près de l’entrée ou dans le local à vélos, dont vous ne connaissez pas le code. Retirez-la ou reprogrammez-la.
- Les télécommandes de portail et de porte de garage : combien ont été remises, combien manquent ? Sur la plupart des motorisations récentes, on peut effacer toutes les télécommandes mémorisées et ne réenregistrer que les vôtres.
- Les appareils connectés restés en place : sonnette vidéo, caméra, thermostat, serrure électronique. S’ils sont encore liés au compte de l’ancien occupant, ils continuent de fonctionner pour lui. Faites une réinitialisation d’usine, puis reliez-les à votre propre compte.
- Les badges d’immeuble, de parking ou de buanderie non restitués. La gérance peut généralement désactiver ceux qui manquent.
- Le courrier au nom des anciens habitants : signalez-le plutôt que de le laisser s’accumuler dans la boîte, il signale un logement mal suivi.
4. Photographier vos affaires tant que les cartons sont ouverts
Vous ne referez jamais cet inventaire aussi facilement qu’en déballant. Vélo, ordinateur, appareil photo, outillage, instruments de musique, montres, bijoux : photographiez chaque objet de valeur et notez son numéro de série. Rangez le tout dans un dossier sauvegardé en ligne, pas seulement sur l’ordinateur qui se trouve dans le logement.
En cas de vol, cet inventaire change tout. Il accélère le dossier d’assurance, il donne à la police des éléments exploitables, et il permet parfois d’identifier un objet retrouvé. Sans numéro de série, un vélo volé reste un vélo parmi des milliers.
5. Mettre l’assurance à jour le jour même
Un déménagement modifie presque toujours le contrat, et un contrat pas à jour se découvre au pire moment.
- Annoncez la nouvelle adresse à votre assurance ménage sans attendre. La prime dépend du lieu et de la surface, et une couverture calée sur l’ancien logement peut ne plus correspondre.
- Vérifiez le montant assuré du mobilier. Beaucoup de contrats restent figés sur une estimation faite des années plus tôt, avant l’achat d’un vélo électrique ou de matériel informatique.
- Regardez ce que couvre exactement le vol avec effraction, et si le vol simple hors du domicile est inclus.
- Si vous êtes locataire, contrôlez que votre responsabilité civile privée est bien active : la plupart des baux romands l’exigent.
Un mot pour les propriétaires : dans plusieurs cantons romands, l’assurance du bâtiment relève d’un établissement cantonal et se traite séparément de l’assurance ménage. Renseignez-vous sur ce qui s’applique dans votre canton plutôt que de supposer qu’un seul contrat couvre tout.
6. Annoncer son adresse aux bons interlocuteurs, et à personne d’autre
L’annonce d’arrivée auprès du contrôle des habitants de votre commune est une obligation légale en Suisse, en général dans les quatorze jours suivant l’emménagement. Le délai exact et la marche à suivre figurent sur le site de votre commune.
Pensez ensuite à l’ordre de réexpédition du courrier auprès de La Poste. Une boîte aux lettres qui reçoit encore vos documents importants à l’ancienne adresse, c’est un risque d’usurpation d’identité qui traîne pendant des mois.
En revanche, un réflexe à éviter : raconter le déménagement en détail sur les réseaux sociaux. Photos de cartons, nouvelle adresse, dates d’absence pour le transport des meubles, mobilier neuf déballé devant l’immeuble. Un logement fraîchement occupé est déjà repérable de l’extérieur, entre le camion, les cartons dans la benne et les fenêtres sans rideaux. Inutile d’y ajouter un calendrier public.
Un détail qui compte aussi : ne mettez sur la boîte aux lettres et la sonnette que ce qui est nécessaire. Un nom de famille suffit, et si vous vivez seul, rien n’oblige à le faire savoir.
7. Savoir qui appeler avant d’en avoir besoin
Un nouveau logement, c’est aussi un nouvel écosystème de numéros que personne n’a sous la main le jour où ça compte. Constituez la liste maintenant :
- Le concierge et la gérance, avec le numéro d’urgence en dehors des heures de bureau.
- Les voisins de palier. Se présenter la première semaine n’est pas qu’une politesse : un voisin qui vous connaît remarque une présence anormale devant votre porte, réceptionne un colis et vous prévient. C’est le dispositif de sécurité le moins cher qui existe.
- La police : le 117 en cas d’urgence, et le numéro du poste de votre secteur pour tout le reste.
- La solution vers laquelle vous vous tournez quand ce n’est ni une urgence vitale, ni une affaire de gérance : un doute pendant une absence, une alarme qui se déclenche alors que vous êtes à l’autre bout du pays, un rôdeur signalé dans l’allée.
C’est ce dernier cas qui laisse le plus souvent démuni, et nous l’avons détaillé dans notre article « Si j’ai un problème, j’appelle la police » : ce que ce réflexe oublie.
Et après la première semaine ?
Une fois ces sept points réglés, l’essentiel est fait. Le reste peut se construire tranquillement : un éclairage extérieur à détection, une ou deux caméras bien placées, des prises programmables qui simulent une présence pendant les absences. Nous avons détaillé le choix du matériel dans notre guide pour choisir sa caméra de surveillance et les bons emplacements dans le guide d’installation.
Gardez surtout en tête ce qu’une caméra fait et ne fait pas : elle vous montre qu’il se passe quelque chose. Elle n’envoie personne sur place.
Edgward : la présence qui manque quand vous n’êtes pas là
C’est là qu’Edgward intervient. Depuis l’application, vous pouvez commander une intervention de sécurité pour votre nouvelle adresse en quelques secondes, sans installation, sans abonnement lourd et sans engagement. Un agent partenaire certifié se rend sur place pour lever le doute, vérifier les accès et sécuriser les lieux, que vous soyez chez vous ou à mille kilomètres.
Et avant même de vous abonner, vous pouvez activer les alertes et informations de sécurité autour de votre nouvelle adresse. Elles sont vérifiées, géolocalisées, et 100% gratuites. Dans un quartier que vous ne connaissez pas encore, c’est souvent la manière la plus rapide de comprendre où vous venez de poser vos cartons : ce qui se passe, à quel rythme, et à quels endroits.
Sécuriser un logement ne demande ni budget ni travaux le jour de l’emménagement. Cela demande une semaine d’attention, au moment précis où l’on regarde encore chaque pièce avec un œil neuf. Passé ce délai, on cesse de voir la fenêtre de cave qui ferme mal, jusqu’au jour où quelqu’un d’autre la remarque à votre place.